Extrait – Sauvez votre corps! Dr. Kousmine

Extrait – Sauvez votre corps! Dr. Kousmine

 

 

L’exemple des Hounzas

 

     Probablement est-il bien utopique de vouloir créer une race nouvelle d’individus qui ne seraient jamais malades. Pour le moment, il s’agirait plutôt de contstruire une arche de Noé, au moins que quelques uns au moins échappent au désastre sanitaire. A l’heure ou surgit une affection nouvelle appelée A.I.D.S ou S.I.D.A. attribuable apparemment à une déficience acquise du système immunitaire et dans laquelle, en réponse à l’attaque d’un virus, apparaît une maladie contagieuse à mortalité élevée. Renforcer l’état immunitaire de la population paraît urgent, et nulle méthode ne réussit mieux que la normalisation de l’alimentation, comme j’ai maintes fois eu l’occasion de le constater. 

     Une race sans maladies a pourtant existé: Les Hounzas. Il s’agit d’un peuple vivant dans l’Himalaya, à l’extrême nord du Pakistan occidental. Leur pays forme une enclave entre le Samir Russe, L’Afghanistan et le Tibet chinois, trois pays dont il est séparé par des montagnes culminant à 7000 mètres d’altitude. Plusieurs tribus habitent cette région. Elles restèrent longtemps ignorées: en 1935 encore, il fallait depuis ce pays faire un mois de route et parcourir 500km pour rencontrer un Européen. Nous en entendîmes parler pour la première fois vers 1910.

     Lorsque les anglais colonisèrent l’Inde, ils envoyèrent dans toutes les provinces des médecins chargés de se rendre compte de l’état sanitaire des habitants et de leur porter secours. C’est ainsi qu’un Ecossais, Mac Carrison, accepta tout jeune le poste de médecin d’état dans les Indes Britanniques. Il se lança avec ardeur dans une enquête concernant les maladies régnant dans le nord du Cachemire. Ses fonctions l’appelèrent régulièrement pendant 14 ans, de 1904 à 1918, parmi les nombreuses petites peuplades plus ou moins autonomes des régions frontières, et les Hounzas étaient l’une d’elles.

     Ces gens frappèrent bien son subconscient par leur belle conformation physique, leur grande capacité de travail, et leur magnifique santé, mais comme sa curiosité de médecin était toute entière dirigée sur les maladies, ce peuple lui parut le plus insignifiant, le moins intéressant de tous. A part quelques fractures, il n’y avait en effet jamais quoique ce fut à examiner ou à soigner chez lui!

     Du temps de Mac Carrison, on ignorait tout des divers degrés de la santé et de ses manifestations caractéristiques, ainsi que des conditions précises dont elle dépend (et il n’en est guère autrement aujourd’hui). Ses études, comme celles des médecins actuels, ne l’avait amené à connaître que les maladies, la santé étant quelque chose comme un état sans désordres prononcés ou indécelables.

     Bien des années plus tard, ses travaux scientifiques amenèrent Mac Carrison à se demander ce qu’était la santé. Il se souvint alors des Hounzas et entreprit de rechercher les raisons de leur santé si exceptionnelle. Connaissant les autres peuples de ces mêmes régions et de ces mêmes altitudes et les maladies qui sévissaient chez eux, il pouvait le faire dans des conditions tout à fait favorables. 

     Son étude l’amena à constater que les Hounzas représentaient bien l’idéal de la santé humaine. Ils sont exempts de toute maladie chronique et opposent aux infections une puissante force de réaction et de défense. A part quelques rares accès de fièvre, courts et violents, et occasionnellement quelques inflammations oculaires apparaissant au terme de l’hiver passé dans des demeures enfumées, Mac Harrison ne put déceler chez eux aucune maladie. L’âge n’affaiblit ni leur vue, ni leur ouïe, leur dents demeurent intactes, le coeur reste capable d’efforts. La vie ne s’éteint qu’à un âge avancé, 120, même 140 ans. Semblable à une flamme paisible qui tire doucement à sa fin. Les hommes procréent jusqu’à 75 ans et l’on voit des centenaires labourer leur champs. La capacité d’effort des Hounzas est remarquable. Ni la fatigue, ni la peur ne semble exister pour eux. En montagne, ce sont des porteurs et des coureurs incomparables. 230km d’une traite est une prouesse qui, pour un Hounzas, ne représente rien d’extraordinaire et n’occasionne aucune fatigue visible. Ce peuple est d’humeur toujours égale, toujours enclin au rire joyeux, même en période de froid, de faim ou de privation. Il ne montre aucun signe d’irritabilité, de susceptibilité, d’anxiété ni d’impatience. Il est conciliant. Les maladies mentales, pas plus que les autres, n’existent chez eux. (…) Si notre conception de la santé est juste, il faudrait inventer pour les Hounzas une notion d’hypersanté.

 

 

 

Sauvez votre corps!

Dr. Kousmine

Robert Lafont 1987

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